Chroniques et Articles

France – Nouvelle-Zélande: le rugby français humilié

[SUR LE HUFFINGTON POST]

Nous sommes le samedi 17 octobre 2015, et la France affronte la Nouvelle-Zélande à Cardiff pour son cinquième match de la Coupe du Monde de rugby 2015. Un quart de finale et puis s’en va, 62-13, la France rentre au pays.

Équipe amateur

Nul ne doute que cette prestation d’une si rare médiocrité symbolise avec violence mais justesse la place actuelle de la France dans le rugby mondial.

Équipe fade et insipide, son projet de jeu semble rester encore aujourd’hui un mystère total. Comment un pays doté d’un tel vivier de talents peut massacrer son rugby à un tel degré? Pourquoi la Nouvelle-Zélande, qui battait la France d’un point il y a quatre ans, peut-elle aujourd’hui la rabaisser au statut d’une équipe amateur, venue en touriste assister à l’événement sportif de l’année ? Réaction à chaud, voici un bref état des lieux pas joli à voir.

Saint-André, suspect idéal

Dans les moments durs, taper sur le coach est la chose la plus aisée qui soit. En quatre ans, Philippe Saint-André a anéanti l’une des plus belles nations du rugby, chose qui est tout de même plus difficile qu’il n’y parait.

L’inaction, la passivité et le manque de caractère des joueurs sont également à prendre en compte pour tenter de comprendre cela. Totalement hors-sujet, le XV de France n’a pas eu la force d’aller chercher un supplément d’âme qui aurait permis un sursaut d’orgueil. La dignité de l’une des plus grandes équipes de rugby du monde a disparu officiellement à Cardiff, mais l’avis de recherche était lancé depuis bien longtemps.

Cooptation et immobilisme : l’incompétence de la FFR

Mais aujourd’hui, le vrai problème du rugby français n’est ni sa charnière ni sa mêlée : c’est sa fédération. La FFR est dirigée depuis 7 ans par Pierre Camou, 70 ans depuis cet été.
En France les fédérations sportives sont souvent responsables d’échecs variés mais cuisants; mais le cas de la FFR arrive à faire cavalier seul en tête du classement. Cette fédération au fonctionnement archaïque, dirigée de manière opaque par un petit conseil d’anciens poids lourds du rugby tricolore (Blanco, Rives, Skrela, Retière) semble fonctionner comme un conseil de famille perpétuel. Les grands sages du rugby français, cooptés puis réunis autour d’une table pour choisir le futur sélectionneur, ont pour maitre-mots copinage et immobilisme.

L’incompétence de cette fédération, qui maintient son coach contre vents et marées en propulsant Serge Blanco à ses côtés pour faire bonne figuration, est sûrement la leçon à retenir de cette Coupe du monde. Le ridicule bal des candidats au poste de sélectionneur qui passent devant une grotesque commission à la veille d’une Coupe du monde en témoigne sûrement… En attendant une éventuelle élection de Bernard Laporte à sa tête et un grand ménage de printemps, on voit mal cette structure d’un autre temps évoluer de manière positive.

On aurait pu terminer sur une note positive, mais elle est difficile à trouver. On souhaite à Guy Novès d’arriver à fonder une nouvelle équipe dans un contexte qui s’annonce très tendu. En attendant, la France du rugby sera derrière lui mais la tâche s’annonce diablement délicate. Sur ce, belle fin de Coupe du monde de rugby à tous, puisque cette chronique tricolore s’achève sur un 62-13…

 

CHRONIQUE PUBLIÉE INITIALEMENT SUR LEHUFFINGTONPOST.FR

POUR LA LIRE, CLIQUEZ ICI

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s