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« 007 Spectre »: un James Bond intéressant mais inégal

Voilà un Bond qui était attendu comme rarement. Après avoir tourmenté et sublimé le plus connu des agents secrets dans Skyfall, le réalisateur Sam Mendes se devait d’enchainer avec un film à la hauteur. Il aura pris du temps (plus de sept mois de tournage) et de l’argent (un budget estimé à 350 millions de dollars) pour offrir un 007 Spectre attendu au tournant. Critique.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Mendes met la barre très haut dès le début du film. En pleine Fête des Morts à Mexico, l’agent Bond se la joue cavalier seul pour résoudre un petit litige. Magnifique plan séquence, atmosphère quasi-parfaite et première scène d’action pleine de voltige : le pré-générique, accompagné du retour du gun barrel, est un retour aux sources de la meilleure des manières pour 007.

Bond sur les toits de Mexico.

Bond sur les toits de Mexico.

Le film suit son cours, et James Bond apparait sous un nouveau genre : plus drôle (le film est drôle, oui) et toujours plus désobéissant. S’appuyant sur des infos laissées par la défunte M, Bond est livré à lui-même comme jamais alors qu’il n’est clairement plus dans les plans du MI-6, qui s’apprête à lancer un programme de renseignement globalisé avec 8 autres pays.

Menace en interne, donc, mais également en externe. Au volant d’une Aston Martin qui ne lui était pas destinée qui va rapidement finir au fond du Tibre, Bond arrive à Rome pour assister aux funérailles de Sciarra, mort à Mexico. Les plans sont calibrés, et la musique est parfaite pour retranscrire une glaciale atmosphère. Mis sur la piste par la veuve du défunt (jouée par Monica Belluci, qui doit apparaitre cinq bonnes minutes au total), l’agent 007 infiltre une réunion de l’organisation qui se cachait derrière tous ses précédents ennemis : Spectre.

A sa tête, Franz Oberhauser, joué par Christoph Waltz, qui fait son apparition lors d’une scène froide lançant elle-même une haletante course poursuite dans les rues romaines. L’action est à son comble, ce 007 Spectre semble merveilleusement bien lancé, et il semble dur de l’arrêter.

Franz Oberhauser, dans l'ombre.

Franz Oberhauser, dans l’ombre.

Un James Bond moderne sans renier ses origines : le personnage semble alors habilement maitrisé. Arrivé ensuite en Autriche, Bond visite le mourant Mr White qui le redirige vers sa fille. Madeleine Swann, jouée par Léa Seydoux, rentre alors en jeu pour accompagner l’agent. S’en suivent plusieurs scènes d’actions dans les montagnes autrichiennes et les explosions qui vont avec. L’intrigue se complique et les liens avec les films précédents sont vite expédiés ; le film se met alors à dévier de sa trajectoire initiale.

Tournage des scènes d'actions autrichiennes.

Tournage des scènes d’actions autrichiennes.

Direction le Maroc, plus précisément à « L’Américain », un hôtel à Tanger. D’indices en indices, Bond et Swann localisent leur prochaine destination : en plein milieu du désert. Scène d’action dans un train, puis arrivée dans une base secrète. Le film perd de sa saveur.

James Bond, dans un train au Maroc.

James Bond, dans un train au Maroc.

On apprend que services secrets et Spectre sont main dans la main pour régner sur le monde et que Oberhauser est le grand méchant des méchants. Les explosions s’enchainent progressivement sans inquiéter James Bond. Si les plans restent intelligemment captés, l’agent secret semble alors tomber dans sa caricature.

Madeleine Swann (Léa Seydoux) et Oberhauser (Christopher Waltz).

Madeleine Swann (Léa Seydoux) et Oberhauser (Christopher Waltz).

Le retour à Londres ne pourra que confirmer cette tendance. Embuscades, explosions, dynamite, bateau et hélicoptère : le cocktail est de trop et la fin du film semble mal négociée, retombant dans les travers d’un agent secret caricatural : l’intrigue ne semble que partiellement résolue.

Bond et Swann referment alors le film en Aston Martin. Une fin prévisible, à l’image d’une seconde moitié de film qui ne doit cependant pas cacher les performances à la hauteur de Daniel Craig et de Léa Seydoux. Un 007 Spectre bien inégal, alternant scènes promises à la postérité et plans trop caricaturaux, mais qui renoue avec les missions traditionnelles de l’agent secret toujours aussi bien incarné par Daniel Craig.

Craig a-t’il fait ici son baroud d’honneur ? Nul ne le sait, mais au vu de ses performances, on ne peut que l’encourager à faire un nouveau tour.

bond affiche

007 Spectre, réal. Sam Mendes. En salle le 11 novembre 2015.

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