Chroniques et Articles/Jeux Olympiques 2024

Paris, terrain de jeu géant du marketing sportif

 

Les images ont fait le tour du monde : une tyrolienne géante, partant du deuxième étage de la Tour Eiffel et arrivant sur une plateforme située quasiment un kilomètre plus loin, sur le plateau Joffre au pied de l’école militaire. Depuis ce weekend, cette tyrolienne est devenue l’attraction de la capitale et des amateurs de sensations fortes. Derrière ce projet fou, une opération marketing de grande ampleur d’une semaine pilotée par l’agence Ubi Bene pour la marque Perrier, partenaire de Roland-Garros. « Ça parait simple, mais c’est compliqué techniquement et administrativement » avoue Thierry Reboul, patron de l’agence. Autorisations, météo, assurances… Mais le résultat fait relativiser les mois de démarches en tout genre.

Thierry Reboul, patron de l’agence Ubi Bene

Résonner les images

Créée en 2000, l’agence Ubi Bene s’est imposée dans le monde de événementiel de manière assez fracassante. Là où le marketing sportif tend vers le conformisme, Thierry Reboul et son équipe préfèrent construire l’impensable. « On est obsédés par les trucs hors-normes. On essaye simplement de faire concilier nos passions personnelles avec notre métier » confie le boss de l’agence. A son actif, des coups marketing de génie : l’installation de lettres « Marseille » sur une colline de la cité phocéenne pour la promotion d’une série, la transformation du Grand palais en salle de gym géante, ou encore une course de drones en plein sur les Champs-Elysées le weekend dernier. Avec une obsession récurrente : faire résonner une image. « Chaque idée, nous devons pouvoir la résumer en une image. Cela crée une partie de notre identité ».

Si l’agence travaille aujourd’hui avec de gros clients institutionnels, leurs coups marketings demeurent complexes à réaliser. « On a dû construire nos terrains de jeu » explique Thierry Reboul. « Au début, on n’était pas connus, on faisait souvent les choses sans autorisation. Quand on travaillait pour Nike, on est allé à 6h du matin mettre un maillot de Tony Parker sur la Statue de la liberté (la réplique parisienne) quand il est devenu champion. On a fini au commissariat. » Qu’importe, l’image était là et elle a fait le tour de la presse. Tout comme en 2010, lorsque l’agence avait médiatisé la destruction du bus de Knysa, où les Bleus avaient fait grève. Après avoir fait remonter le bus d’Afrique du Sud, l’opération s’était corsée : « C’est une histoire un peu dingue. On s’est fait bloquer par la fédération après avoir trouvé le vrai bus, donc on a détruit une copie » se souvient le boss d’Ubi Bene.

Le 23 et 24 juin prochain, la Seine deviendra une piste d’athlétisme géante

Piste d’athlétisme flottante

La réputation de l’agence n’est plus à faire. Ubi Bene travaille ainsi avec la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques 2024, et prépare d’importants coups d’ici le vote de septembre. Les 23 et 24 juin, pour la journée olympique, la ville de Paris a sollicité l’agence pour un grand évènement « médiatique, à portée internationale, et populaire ». Un cahier des charges qui n’effraie pas Thierry Reboul : « Le terrain de jeu est la ville de Paris. On va occuper toute une partie de la Seine, qui est le fil conducteur de la candidature. » Avec une image qui marque déjà les esprits : une piste d’athlétisme flottante entre le pont Alexandre III et le pont des Invalides. « C’est une performance technique majeure. La piste mesure 156 mètres de long sur 15 mètres de large. Cela nécessite une gestion du transport fluvial, un alternat va être mis en place ».

Un plongeoir de démonstration va également être installé au-dessus de la Seine, et chacun des sports sera mis en scène dans des lieux iconiques de la capitale. Si tout n’a pas encore été révélé, nul ne doute que les caméras seront braquées sur la capitale durant ce weekend crucial : « C’est un travail absolument colossal, c’est sans doute l’un des plus grands événements produits à Paris » juge Thierry Reboul.

L’agence ne manque pas de projets : course hippiques sur les Champs-Elysées, cinéma géant place de la Concorde ou encore un projet de bateau volant. Des défis aussi éclectiques qu’étonnants. « On essaie d’avoir de la curiosité sur tout ce qui ressemble à des choses déraisonnables, mais qui ne le sont pas forcément » conclut le boss de l’agence.

Départ de la tyrolienne, du haut du second étage de la Tour Eiffel

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